Stellantis a publié le 13 juillet des données indiquant que ses livraisons mondiales au deuxième trimestre 2026 se sont élevées à 1,6 million de véhicules, soit une hausse de 10 % par rapport au deuxième trimestre 2025. Cette croissance repose principalement sur l'Amérique du Nord, dont les livraisons ont bondi de 38 %, constituant ainsi le principal moteur de la période.
Cette forte progression nord-américaine s'explique par la livraison concentrée de plusieurs modèles neufs ou profondément restylés : le pick-up RAM 1500 équipé du moteur V8 Hemi réintroduit, la toute nouvelle génération du JEEP Cherokee et la nouvelle mouture du Dodge Charger. Dans son communiqué de presse, Stellantis précise que cette accélération « reflète également une anticipation des ralentissements de production prévus pour l'été ».
Il convient de noter que les livraisons ne correspondent pas aux ventes finales : ce chiffre englobe les livraisons aux concessionnaires, distributeurs ainsi qu'aux clients professionnels (parc automobile) et particuliers. Selon la base de données de *Automotive News*, les ventes de Stellantis en Amérique du Nord au T2 2026 n'ont augmenté que de 5,7 % en glissement annuel — un écart très net avec la hausse de 38 % des livraisons, ce qui suggère une accumulation accélérée des stocks au niveau des réseaux de distribution.
Cette pression sur les stocks n'est pas inédite. Patrick Hummel, analyste automobile chez UBS, a reconnu lors d'un briefing média le 9 juillet : « Les stocks ont fortement augmenté, et il est largement admis dans le secteur que Stellantis a surestimé sa production au premier semestre, notamment au deuxième trimestre. » Il ajoute que les résultats financiers solides du premier semestre pourraient découler d'un rythme de production non soutenable : « L'augmentation des stocks pourrait peser négativement sur la production du second semestre. »
En Europe, la croissance apparaît structurelle. Dans « l'Europe élargie » définie par Stellantis (incluant l'Europe continentale, l'Asie occidentale et les Balkans), les livraisons ont progressé de 5 % en glissement annuel, portées par une reprise générale de la demande et une forte hausse des livraisons de véhicules électriques à batterie (BEV). Le partenaire chinois Leapmotor a joué un rôle déterminant : ses livraisons au deuxième trimestre 2026 ont atteint 33 000 unités, soit une augmentation supérieure à 300 % par rapport aux 8 000 unités livrées au T2 2025. Par ailleurs, la gamme de petits véhicules abordables Smart Car (notamment le nouveau FIAT Grande Panda, ainsi que les modèles existants Peugeot et Opel) a également connu une forte croissance des livraisons. En revanche, les anciennes versions de voitures du segment B (comme le Opel Mokka et le Peugeot 2008) ont vu leurs livraisons reculer.
À noter que Stellantis n'a pas encore publié les données complètes de ventes pour cette région au cours du trimestre. Selon l'organisme tiers Dataforce, ses ventes dans l'Union européenne, au Royaume-Uni et dans les pays de l'AELE ont augmenté de 6,8 % en avril, mais ont ensuite reculé de 1,9 % en mai.
La croissance observée en Amérique du Nord et en Europe a été compensée par des baisses dans les régions Amérique du Sud et Moyen-Orient/Afrique. Les livraisons en Amérique du Sud ont reculé de 3 %, la contraction du marché argentin ayant entièrement neutralisé la croissance au Brésil ; celles du Moyen-Orient et de l'Afrique ont également diminué de 3 %, Stellantis attribuant ce repli aux effets de débordement des conflits au Moyen-Orient — les livraisons dans les pays du golfe Persique ayant chuté de 50 %.
Stellantis publiera ses résultats financiers complets du deuxième trimestre et du premier semestre 2026 le 30 juillet.
Commentaires
0 commentairesAucun commentaire. Soyez le premier !
Publier un commentaire