Le 15 septembre, le cours de l'action cotée sur le marché A de Seres a chuté de 5,09 % en une seule journée, tandis que son cours à Hong Kong reculait de 6,12 % — un séisme boursier déclenché par une annonce stratégique majeure : la marque AITO passe d'un modèle où Huawei exerçait un contrôle intégral à un nouveau cadre où Seres assume la direction globale, et Huawei se recentre sur l'accompagnement technologique.

Dans un communiqué officiel publié ce même jour à 17 heures, AITO a confirmé qu'elle explorerait, dans le cadre de la coopération Harmony Intelligent Mobility Alliance, un nouveau mode opératoire : la définition des produits, le style de conception, la stratégie tarifaire, le choix des fournisseurs ainsi que le service après-vente — tous ces maillons clés seront désormais décidés en toute autonomie par Seres. Quant à Huawei, il concentrera ses efforts sur les technologies fondamentales — cockpit intelligent, conduite autonome de haut niveau et entraînement électrique intelligent — tout en assurant continuellement les mises à jour OTA et l'évolution fonctionnelle. Autrement dit, Huawei ne participe plus aux décisions opérationnelles, mais devient un partenaire technologique.
Parallèlement, la politique « dédiée et exclusive » entre en vigueur : AITO mettra en place un réseau de vente et de service indépendant. Environ deux à trois cents concessions appartenant initialement au réseau Harmony Intelligent Mobility Alliance seront transférées sous l'enseigne exclusive de AITO, ne présentant et ne commercialisant que les modèles AITO ; les autres points de vente se consacreront exclusivement aux quatre gammes MAEXTRO, STELATO, Luxceed et SHANGJIE. Selon des sources internes au réseau Huawei, à compter du 1er janvier 2027, toutes les boutiques portant la mention « Huawei » cesseront définitivement la commercialisation des véhicules AITO.
Ce réajustement ne signe pas une rupture, mais une refonte collaborative. AITO reste intégrée au système de suivi des ventes de Harmony Intelligent Mobility Alliance, et son positionnement haut de gamme demeure inchangé. Toutefois, le cœur de la coopération a subi un basculement fondamental : on passe d'une approche « Huawei définit la voiture » à une formule « Seres fabrique la voiture + Huawei apporte son expertise technologique ».
La motivation profonde de ce changement réside dans des pressions concrètes : au premier semestre 2026, Seres a enregistré une perte nette de 1,717 milliard de yuans ; entre 2022 et 2025, elle a versé plus de 110 milliards de yuans à Huawei, alors que son bénéfice net hors éléments exceptionnels s'est élevé à seulement 1,482 milliard de yuans sur la même période. En 2025 seul, Seres a payé environ 5,6 milliards de yuans à son principal fournisseur (largement identifié dans le secteur comme étant Huawei), soit plus d'un tiers de son chiffre d'affaires total ; le coût moyen des composants par véhicule atteignait 50 000 yuans, auxquels s'ajoutaient des frais de services techniques (2 % du prix de vente) et des frais marketing canal (8 % du prix de vente).
Dans un contexte de croissance des ventes au point de saturation et de pression persistante sur la rentabilité, les deux parties ont opté pour un compromis temporaire : Huawei peut ainsi libérer des ressources pour se concentrer sur les quatre autres gammes et sa stratégie BU automobile, tandis que Seres espère retrouver une marge de manœuvre stratégique grâce à une réduction des coûts et une amélioration de l'efficacité. Mais une fois l'aura dissipée, les consommateurs resteront-ils fidèles à la AITO « dés-huaweiisée » ? La réponse appartient désormais au marché.
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