Les nouvelles forces de l'industrie automobile chinoise se lancent collectivement dans la robotique humanoïde

Xpeng lève plus de 900 millions de dollars, un nouveau record ; NIO, Li et Leapmotor entrent tous sur le marché

En août 2026, ce mois est surnommé dans le secteur « le mois des robots » : Unitree Technology a fait son entrée sur les marchés financiers, le robot Xiaomi a été présenté pour la première fois au public, et la deuxième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes a réuni plus de 600 équipes en provenance de 16 pays répartis sur six continents. Mais le signal le plus remarquable provient des principaux acteurs chinois de la nouvelle génération automobile : ils investissent massivement, comme jamais auparavant, dans les domaines de l'intelligence incarnée (« embodied AI ») et de la robotique humanoïde.

Une levée de fonds record : les constructeurs automobiles deviennent les principaux acteurs de la « fabrication d'humanoïdes »

Le 24 août, le groupe Xpeng a annoncé la clôture de la première levée de fonds de sa division dédiée aux robots humanoïdes, menée par IDG Capital avec la participation de Gaorong Capital, tandis que Tencent et Alibaba ont rejoint en tant qu'investisseurs stratégiques. Le montant total dépasse 900 millions de dollars, et la valorisation post-financement dépasse 6,3 milliards de dollars, établissant ainsi un nouveau record mondial pour une seule levée de fonds privée dans le domaine chinois de l'intelligence incarnée. À noter que, bien que le groupe ait changé de nom, ses activités principales restent centrées sur les véhicules électriques intelligents.

Le même jour, NIO a annoncé que son vice-président senior et le responsable de son équipe de conduite autonome, Ren Shaoqing, lançaient une nouvelle entreprise axée sur les « modèles fondamentaux d'IA physique » et l'« intelligence incarnée ». NIO soutiendra cette initiative en tant qu'actionnaire stratégique et collaborera étroitement avec la nouvelle société. De son côté, Leapmotor Automobile a indiqué, lors de sa conférence de résultats intermédiaires 2026, qu'elle avait prévu d'entrer dans le domaine des robots d'intelligence incarnée, et qu'elle dévoilerait prochainement des informations concrètes à ce sujet.

Quant à Li Automobile, elle avait déjà annoncé dès 2025 son virage complet vers la recherche-développement en robotique d'intelligence incarnée. Li Xiang a réaffirmé, lors de la conférence téléphonique consacrée aux résultats du deuxième trimestre 2026, que ses choix stratégiques concernant le développement interne de batteries et de puces étaient motivés précisément par la valeur fondamentale de ces technologies dans le domaine de l'intelligence incarnée.

Pourquoi les constructeurs automobiles ? Une capacité naturelle de transfert technologique

Elon Musk, PDG de Tesla, prédit que le nombre mondial de robots humanoïdes pourrait atteindre entre 30 et 50 milliards d'unités d'ici quelques décennies — soit trois à cinq fois la population humaine mondiale. Selon une étude de Stanlie, le chiffre d'affaires annuel mondial du marché des robots humanoïdes atteindrait 7 500 milliards de dollars d'ici 2050. En comparaison, le chiffre d'affaires global de l'industrie automobile mondiale s'élevait à 4 360 milliards de dollars en 2025.

Les constructeurs automobiles disposent d'un avantage structurel lié à la réutilisabilité technologique : les capacités d'IA nécessaires à la conduite autonome — tels que les capteurs LiDAR, la perception multimodale et les grands modèles de bout en bout — peuvent être directement transférées à la reconnaissance environnementale et à la prise de décision des robots. Les systèmes de motorisation électrique, les châssis pilotés par commande électronique, les systèmes de gestion des batteries (BMS), les moteurs à courant continu et les réducteurs constituent également des composants clés pouvant être adaptés à d'autres plateformes. Enfin, les compétences globales des constructeurs — boucle de données à l'échelle véhicule, validation par tests, fabrication industrielle et déploiement concret dans des scénarios réels — constituent un pilier essentiel pour la commercialisation des robots.

Comme l'a souligné Li Xiang : « La conduite autonome constitue le premier temps de l'intelligence incarnée, tandis que les robots humanoïdes universels représentent le second temps. »

Bulles spéculatives naissantes : la production en série et la commercialisation restent les principaux obstacles

Sous l'effet de l'engouement, la réalité demeure toutefois plus contrastée. Selon les données du « Club des 100 experts chinois en robots humanoïdes et intelligence incarnée », seulement 41 200 unités ont été livrées dans le monde au premier semestre 2026 — un volume comparable aux ventes mensuelles de certains leaders de la nouvelle génération automobile. Environ 65 % de ces robots sont utilisés à des fins de démonstration ludique ou de recherche pédagogique, seulement 35 % sont déployés dans des lignes de production industrielles ou des entrepôts logistiques, et le marché grand public n'a pas encore été ouvert.

Pourtant, l'enthousiasme des investisseurs ne faiblit pas : au premier semestre 2026, les financements mondiaux liés aux robots humanoïdes ont atteint 104,1 milliards de yuans, dépassant le total de l'année 2025. En Chine, 105 opérations de financement ont eu lieu, pour un montant cumulé de 71 milliards de yuans. La valorisation boursière d'Unitree Technology a grimpé à 450 milliards de yuans dès le premier jour de cotation, mais a perdu plus de 200 milliards de yuans en quelques jours — alors que son chiffre d'affaires 2025 n'était que de 1,7 milliard de yuans, soit moins de 1/250e de sa valorisation maximale.

Au niveau technologique, les robots humanoïdes haut de gamme font encore face à de multiples défis : maintien de l'équilibre dynamique, préhension fine, retour haptique et exécution de tâches précises. Le président-directeur général de Xpeng, He Xiaopeng, a reconnu que leur complexité de développement était « au moins vingt fois supérieure » à celle des voitures intelligentes. L'absence de normes communes, l'incertitude quant aux orientations technologiques et la fragmentation des marchés rendent le chemin vers la commercialisation de plus en plus incertain.

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