Une sénatrice affirme que Trump envisagerait d'ouvrir le marché américain aux véhicules électriques chinois dans le cadre d'un accord sino-américain

L'information n'est pas vérifiée et suscite des doutes généralisés au sein du secteur

La sénatrice démocrate du Michigan, Elissa Slotkin, a récemment déclaré sur la plateforme X qu'elle avait « entendu une rumeur » selon laquelle l'ancien président Donald Trump envisagerait, lors d'une prochaine réunion de haut niveau avec des dirigeants chinois, d'assouplir les restrictions applicables à l'importation de véhicules automobiles chinois — en particulier de véhicules électriques — aux États-Unis.

Selon Slotkin, cette réunion bilatérale de haut niveau devrait se tenir « dans quelques semaines » à Washington, et la rumeur circule précisément dans ce contexte. Elle qualifie cette éventuelle évolution de « mauvaise décision stratégique », mettant en garde contre un « impact irréversible » sur les 1,2 million d'emplois liés directement au secteur automobile dans le Michigan, ainsi que sur la base industrielle manufacturière plus large des États-Unis.

Il convient de souligner que Slotkin n'a pas révélé la source précise de cette rumeur, et la Maison-Blanche n'a émis aucune déclaration officielle concernant un quelconque projet d'assouplissement des barrières commerciales américaines à l'égard des véhicules chinois. En pratique, les véhicules électriques fabriqués en Chine ne peuvent déjà plus entrer sur le marché américain : en 2024, l'administration Biden a porté les droits de douane appliqués aux véhicules électriques chinois de 25 % à 100 % ; quant à l'administration Trump, elle a maintenu cette mesure et affirmé à plusieurs reprises que ce tarif de 100 % constituait « l'une des rares décisions justes » prises par l'administration Biden.

Il est à noter que Slotkin profite également de cette actualité pour promouvoir activement son projet de loi bipartite, la « Loi sur la sécurité des véhicules connectés » (Connected Vehicle Security Act). Ce texte, co-rédigé avec le sénateur républicain de l'Ohio, Bernie MorRenault, a obtenu, en juillet, un vote unanime au sein de la Commission du commerce du Sénat. Il vise à interdire totalement l'importation aux États-Unis de véhicules entiers, de logiciels embarqués et de composants matériels portant des marques chinoises — y compris les modèles assemblés au Canada ou au Mexique sous une marque chinoise.

Ce projet de loi bénéficie d'un soutien fort de la part de l'Alliance des constructeurs automobiles américains (Alliance for Automotive Innovation) et de l'Union internationale des ouvriers de l'automobile (UAW), des acteurs clés du secteur. Les lobbyistes présentent les véhicules électriques chinois non pas comme un simple concurrent sur le plan commercial, mais comme une « menace pour la sécurité nationale ».

Les analystes soulignent que le timing de cette rumeur est particulièrement significatif : il coïncide avec l'intensification des efforts législatifs menés par Slotkin pour faire adopter cette interdiction, et survient alors que le siège sénatorial du Michigan sera l'objet d'une bataille électorale très disputée en 2026. Dans un État où l'industrie automobile représente un poids économique prépondérant, se positionner comme « défenseur des travailleurs locaux » tout en dépeignant ses adversaires comme des « conciliants envers la Chine » constitue une stratégie narrative classique. Ce qui est véritablement exclu du débat, c'est la voix des consommateurs américains : les véhicules électriques chinois se distinguent nettement par leur coût compétitif, leur rythme rapide d'innovation et leur excellent rapport qualité-prix ; même avec des droits de douane de 100 %, BYD pourrait rester le modèle 100 % électrique le moins cher du marché américain.

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