Nissan et Honda relancent leur collaboration logicielle, centrée sur l'habitacle intelligent et la conduite assistée par IA

Après l'échec du projet de fusion en 2024, les deux constructeurs japonais envisagent de co-développer un système d'exploitation embarqué fondé sur la technologie de Nissan

Tokyo — Après avoir annoncé leur fusion fin 2024, puis y avoir renoncé en février 2025, Nissan et Honda relancent discrètement leur collaboration technique. Selon des sources proches du dossier, dévoilées le 28 juillet, les deux constructeurs japonais ont convenu, en principe, de coopérer dans le domaine des véhicules définis par le logiciel (SDV) et de développer conjointement une nouvelle génération de système d'exploitation embarqué, basée sur les technologies existantes de Nissan.

Cette initiative est perçue comme une suite logique de la stratégie commune établie début 2024. À l'époque, Nissan et Honda avaient pour la première fois présenté publiquement leur intention de renforcer leur coordination dans les domaines des véhicules définis par le logiciel et de l'électrification, avant d'élargir ce cadre à un projet de fusion en décembre de la même année. Toutefois, les négociations ont échoué car Honda souhaitait diriger l'intégration, ce qui allait à l'encontre du principe d'une « fusion équitable ». Mitsubishi Automobile a également quitté cette alliance.

Bien que les détails concrets de cette nouvelle collaboration ne soient pas encore arrêtés, et qu'aucun calendrier officiel n'ait été publié, les deux parties confirment explorer activement des synergies dans plusieurs domaines, notamment l'approvisionnement conjoint de produits et le partage technologique. À noter que plus de deux ans se sont écoulés depuis la présentation initiale du cadre de coopération en 2024, et qu'un an s'est déjà passé depuis l'échec de la fusion : aucun projet opérationnel n'a encore vu le jour.

Des analystes du secteur soulignent que ce relancement illustre l'urgence ressentie par les constructeurs japonais pour rattraper leur retard dans les domaines de l'intelligence embarquée et de l'électrification. Face aux pressions croissantes exercées tant par les constructeurs chinois que par les entreprises technologiques de la Silicon Valley, la recherche conjointe apparaît comme un levier essentiel pour réduire les risques d'investissement et amplifier les effets d'échelle.

Selon le plan initial établi début 2024, les deux partenaires envisageaient de développer en un an un système d'exploitation embarqué destiné aux véhicules légers, avec pour objectif un lancement en production après 2027. Le PDG de Nissan, Ivan Espinosa, a indiqué en avril dernier que la marque comptait repenser son identité autour du système ProPilot piloté par l'IA ; son objectif à long terme est d'équiper 90 % de sa gamme avec la technologie Nissan AI Drive. De son côté, le PDG de Honda, Toshio Mibu, a annoncé en mai un investissement de 1 billion de JPY (environ 6,2 milliards de dollars américains) dans ses capacités logicielles, via la plateforme Asimo OS.

« Nous étudions plusieurs pistes possibles. Nous communiquerons dès qu'il y aura des avancées concrètes », a déclaré une porte-parole de Nissan. Honda n'a pas encore fait de commentaire officiel sur ce sujet.

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