La société automobile Ford a publié ses résultats du deuxième trimestre 2026 : une perte nette de 1,3 milliard de dollars, principalement liée à des charges ponctuelles importantes découlant de la révision de sa stratégie d'électrification. Néanmoins, l'entreprise a de nouveau relevé ses prévisions financières annuelles, reflétant la résilience de ses activités traditionnelles ainsi qu'un renforcement continu de son pouvoir de fixation des prix.
Derrière cette perte nette de 1,3 milliard de dollars au T2 se cache une charge avant impôts de 4,2 milliards de dollars — résultant du plan annoncé précédemment par Ford de céder sa coentreprise BlueOval SK Batterie au Kentucky. Ford détient désormais ce site industriel à 100 % via une filiale et le transforme progressivement en usine dédiée aux batteries pour systèmes de stockage d'énergie.
Par ailleurs, Ford a comptabilisé une perte de 500 millions de dollars afin d'annuler deux modèles tout-électriques crossover à trois rangées de sièges, dont la production était initialement prévue dans l'usine d'assemblage d'Oakville (Canada).
En raison de l'arrêt de production du crossover Edge et de la pénurie d'aluminium — qui limite la capacité de production des pickups F-Series et des SUV — le chiffre d'affaires du trimestre a reculé de 4 %, à 48,3 milliards de dollars. Toutefois, le résultat opérationnel avant impôts (EBIT) ajusté s'élève à 2,5 milliards de dollars, en hausse de 17 % sur un an ; selon la directrice financière Sheri House, ce résultat s'explique par une forte dynamique des prix de vente et une structure commerciale plus favorable.
Il s'agit de la deuxième révision à la hausse des prévisions annuelles d'Ford en 2026. La fourchette actualisée de l'EBIT ajusté s'établit désormais entre 10 et 11 milliards de dollars, contre 8,5 à 10,5 milliards précédemment ; l'objectif initial, fixé au début de l'année, était de 8 à 10 milliards de dollars.
Jim Farley, PDG d'Ford, a déclaré : « Nos pickups emblématiques, nos véhicules tout-terrain et nos modèles hybrides démontrent un véritable pouvoir de fixation des prix ; la qualité de nos véhicules sur le marché américain figure désormais parmi les meilleures du secteur ; et de nouveaux pôles de croissance rentables, comme Ford Energy, ouvrent des voies entièrement nouvelles de développement. »
Par activité : le segment commercial Ford Pro a généré un EBIT de 1,7 milliard de dollars au T2, en baisse de 26 % sur un an, avec une marge de 9,7 % ; l'unité traditionnelle essence/hybride Ford Blue a réalisé un bénéfice de 1,1 milliard de dollars, en hausse spectaculaire de 72 %, tirée par la forte demande pour les pickups et les SUV ; tandis que l'unité tout-électrique Ford Model e reste en phase d'investissement, avec une perte de 919 millions de dollars — bien que l'entreprise souligne que ce déficit diminue pour le troisième trimestre consécutif.
Concernant l'impact des droits de douane, Sheri House précise qu'Ford anticipe un effet net des tarifs américains en 2026 « meilleur » que l'estimation initiale de 1 milliard de dollars (répartis à peu près également entre véhicules et pièces), soit une baisse significative par rapport aux 2 milliards payés en 2025. Par ailleurs, sur le remboursement de droits de douane de 1,3 milliard de dollars confirmé au T1, Ford s'attend à récupérer 500 millions de dollars d'ici la fin de l'année ; le solde, initialement prévu pour 2027, devrait désormais être versé plus tôt.
Concernant le goulet d'étranglement de production des F-Series lié à l'incendie survenu l'an dernier chez le fournisseur d'aluminium Novelis, Ford indique que la reprise progresse bien et estime l'impact global pour 2026 à 1,5 à 2 milliards de dollars, soit environ 1 milliard de moins qu'en 2025.
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