Un actionnaire allemand de Volkswagen demande de produire localement en Allemagne les modèles développés en Chine pour préserver l'emploi

Le ministre-président de Basse-Saxe, Stephan Weil, s'exprime : le transfert de capacités de production pourrait être la clé pour stabiliser les usines allemandes

Récemment, Olaf Lies, ministre de l'économie de la Basse-Saxe et membre du conseil de surveillance du groupe Volkswagen, a publiquement appelé à transférer en Allemagne la production des modèles actuellement développés et fabriqués en Chine, afin de stabiliser le fonctionnement des usines et préserver les emplois. Cette déclaration vise directement les fortes pressions économiques auxquelles le groupe Volkswagen est confronté : selon plusieurs sources, il étudierait la fermeture de quatre usines sur son sol allemand, ce qui pourrait entraîner jusqu'à 100 000 suppressions d'emplois.

Interface du tableau de bord de la Passat Pro 2026, en extérieur

Dans une récente interview accordée à des médias allemands, Weil a déclaré : « Si nous produisons en Allemagne les modèles actuellement lancés en Chine, le taux d'utilisation des capacités de nos usines sera stabilisé. Cela offrira également de nouvelles opportunités de recherche et d'innovation à nos sites locaux. » Il insiste sur l'objectif central : « préserver les emplois dans les usines et relancer les capacités de production existantes », plutôt que de laisser se poursuivre un déplacement continu des capacités vers l'étranger ou de construire de nouvelles usines à l'extérieur. « Regarder sans réagir ce déplacement des capacités n'est pas une option durable. »

Il convient de noter que ce n'est pas la première fois que Weil formule une telle proposition. En tant que chef de l'exécutif du Land où siège le siège social de Volkswagen, la Basse-Saxe détient 20 % des droits de vote au sein du groupe, lui conférant un pouvoir décisionnel déterminant sur les grandes orientations stratégiques. Cinq des six usines de véhicules complets de Volkswagen situées dans l'ouest de l'Allemagne sont implantées dans ce Land, ce qui renforce considérablement l'influence concrète de sa position.

Actuellement, le groupe Volkswagen subit une triple pression : l'accélération de l'internationalisation des constructeurs chinois de véhicules électriques, qui érode ses parts de marché ; la hausse des coûts liée aux droits de douane américains sur les importations ; et la faiblesse structurelle de la demande automobile en Europe. Volkswagen a reconnu officiellement que son modèle économique actuel « n'est plus viable ». Dans ce contexte, la refonte de la géographie mondiale de ses capacités de production est devenue une priorité stratégique.

Cette orientation trouve également un écho dans d'autres initiatives internes au groupe. Ainsi, la marque haut de gamme Porsche envisage de rapatrier la ligne de production du modèle Cayenne depuis la Slovaquie vers l'usine de Leipzig, en Allemagne, afin d'améliorer le taux d'utilisation des capacités locales — une démarche parfaitement alignée avec la logique défendue par Weil : « produire localement et dynamiser les actifs existants ».

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