Selon un article du site The Information daté du 18 août, Tesla a informé ses employés internes de son intention de lancer, ce mois-ci à Austin (Texas), les premiers tests opérationnels publics du Cybercab. Si ce calendrier est respecté, il s'agira du premier véhicule de série de Tesla totalement dépourvu de volant et de pédales — et aussi de son produit matériel le plus dépendant du logiciel, tout en étant le moins soutenu par celui-ci.
Initialement, ces opérations seront réservées aux seuls employés d'Tesla à Austin, qui bénéficieront de services de navette sur courte distance sur voie publique ; quelques jours plus tard, le modèle sera officiellement intégré à la flotte locale de « Robotaxi ». Pour accompagner ce déploiement, Tesla a mené la semaine dernière une formation conjointe avec les services d'urgence d'Austin, notamment sur les procédures permettant de retirer en toute sécurité un véhicule dépourvu de dispositifs de commande manuelle en cas d'urgence — détail révélateur de l'absence, à ce stade, d'un mécanisme fiable de reprise humaine.
Bien que la production en série du Cybercab ait commencé dès février 2026 dans l'usine gigantesque du Texas, et que plus de 100 exemplaires aient déjà été observés sur site en juillet, les fonctionnalités réelles du véhicule restent fortement limitées : il ne peut actuellement circuler que dans quelques zones urbaines préalablement validées par géorepérage — notamment Austin, Dallas, Houston, Miami, Tampa et Orlando ; hors de ces périmètres, le véhicule perd totalement sa capacité à se déplacer. À noter qu'il a récemment été équipé d'une antenne Starlink, bien que son système de conduite autonome ne nécessite pas de connexion Internet en temps réel.
Ce qui freine véritablement la concrétisation de la valeur du Cybercab n'est pas le matériel, mais le logiciel. Selon le rapport financier publié en juillet 2026, la flotte Robotaxi d'Tesla a parcouru environ 380 000 km en conduite entièrement autonome (sans conducteur ni superviseur) ; en comparaison, Waymo — commercialisé depuis 2020 — a accumulé, sur la même période, plus de 220 millions de km en conduite entièrement autonome « avec passagers uniquement » — soit un écart de 580 fois. Par ailleurs, la taille de la flotte tend à se réduire : le nombre de véhicules en service sans agent de sécurité à Austin reste stable autour de 17 unités, en baisse par rapport au pic printanier de 25.
Plus grave encore : le Cybercab embarque exactement la même pile logicielle et matérielle FSD que celle utilisée actuellement par la flotte Robotaxi d'Model Y, sans aucune amélioration notable des capacités de perception ou de prise de décision. Dans un contexte où la validation à grande échelle fait défaut et où les systèmes de redondance sécuritaire sont insuffisants, ce véhicule à deux places, doté d'une petite batterie, d'aucun espace de rangement et d'aucune interface de commande physique, ne conserve — une fois délesté de ses promesses autonomes — que ses portes papillon et son efficacité énergétique… sans possibilité toutefois pour l'utilisateur de le conduire lui-même.
En octobre 2024, Elon Musk avait annoncé que le prix du Cybercab serait inférieur à 30 000 dollars américains, suscitant deux années de débats. La réalité est tout autre : le véhicule n'est ni commercialisable, ni conduisible. Même si sa vente venait à être autorisée à l'avenir, l'acheteur ne recevrait qu'un terminal mobile lié à une zone géographique précise. En 2026, Tesla développe simultanément deux produits dont la définition repose entièrement sur des capacités « non encore réalisées » : une « voiture volante » qui ne vole pas, et un Cybercab qui n'est pas encore capable d'une conduite autonome fiable.
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